Ce que je vérifie avant de livrer un site.
Note de studio. Une mise en ligne n’est pas un bouton : c’est une liste. Voici celle que je parcours avant chaque livraison, dans l’ordre, contenus d’abord.
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Les contenus, d’abord
C’est la partie la moins technique et la plus souvent négligée. Je relis chaque page à voix haute : les titres disent-ils quelque chose, les textes provisoires ont-ils tous disparu, les noms propres sont-ils correctement orthographiés, les images ont-elles un texte alternatif utile ?
- Aucun faux texte ni image d’exemple laissée en place.
- Mentions légales, politique de confidentialité et informations de contact à jour.
- Formulaires testés jusqu’au bout : réception de l’email, message de confirmation, message d’erreur.
- Liens vérifiés, y compris ceux des documents à télécharger.
L’accessibilité
Je passe le site au clavier uniquement : si je ne peux pas atteindre le menu, ouvrir un panneau et le refermer sans souris, le travail n’est pas fini. Je vérifie les contrastes, la taille des zones tactiles, et je laisse un lecteur d’écran parcourir les pages principales.
La performance et les appareils
- Chargement testé sur un téléphone réel, en données mobiles, hors du studio.
- Images exportées aux bonnes dimensions, avec des tailles déclarées pour éviter les décalages.
- Pages contrôlées à 375, 768 et 1440 pixels de large, sans débordement horizontal.
- Comportement vérifié sur Safari, pas seulement sur le navigateur de développement.
Le référencement technique
- 01Titres et descriptionsUniques pour chaque page, écrits pour être lus, pas empilés de mots-clés.
- 02Adresses canoniquesUne seule version de référence par page, pour éviter les doublons.
- 03Sitemap et robotsCohérents entre eux : ce qui est bloqué ne doit pas être listé.
- 04RedirectionsLors d’une refonte, chaque ancienne adresse doit mener vers son équivalent, sinon le référencement acquis se perd.
La sécurité et les sauvegardes
Certificat en place et redirection vers HTTPS, dépendances à jour, accès administrateur nominatifs, formulaires protégés contre l’envoi automatisé, et surtout une sauvegarde vérifiée — une sauvegarde qu’on n’a jamais restaurée n’est qu’une hypothèse.
Une livraison réussie, c’est un site que le client peut faire vivre sans moi.
Ce que je regarde en premier, et pourquoi
L’ordre compte. Je commence toujours par les contenus, parce qu’un texte provisoire oublié se voit immédiatement et coûte plus cher en crédibilité qu’un défaut technique invisible. Viennent ensuite les points qu’on ne peut plus corriger facilement après la mise en ligne : les adresses des pages, les redirections, la structure des titres.
Les optimisations fines arrivent en dernier, une fois le reste stabilisé. Gagner deux dixièmes de seconde sur une page dont le texte est faux n’a aucun intérêt, et l’expérience montre que ces réglages se refont de toute façon après les derniers ajouts de contenu.
La compatibilité entre navigateurs
Un site développé sous Chrome peut se comporter autrement ailleurs. Safari, en particulier, gère différemment certaines propriétés récentes, la lecture automatique des vidéos et la hauteur d’écran sur téléphone, où la barre d’adresse se replie pendant le défilement.
- Parcours complet testé sur Safari mobile, le navigateur par défaut de tous les iPhone.
- Formulaires vérifiés avec le clavier du téléphone : type de champ correct, pas de zoom involontaire à la saisie.
- Animations contrôlées sur un appareil ancien, pas seulement sur une machine récente.
- Rendu vérifié avec un bloqueur de publicités actif, cas très fréquent chez les visiteurs.
Les emails, ce grand oublié
Un formulaire qui affiche « message envoyé » ne garantit rien. Les emails transactionnels partent souvent depuis un serveur qui n’a pas l’autorisation d’écrire au nom du domaine, et finissent en indésirables. Je vérifie donc l’arrivée réelle du message dans la boîte du client, pas seulement la réponse du serveur.
- Envoi testé vers plusieurs fournisseurs : une adresse professionnelle, une adresse grand public.
- Expéditeur authentifié pour le domaine, afin que le message ne soit pas considéré comme usurpé.
- Adresse de réponse correcte : répondre au message doit écrire au visiteur, pas au site.
- Message lisible sans images et sur téléphone, où il sera ouvert la première fois.
Les données personnelles
Dès qu’un formulaire existe, des données personnelles circulent. Je vérifie que la finalité est annoncée, que la durée de conservation est décidée, qu’aucun champ inutile n’est collecté « au cas où », et que les outils tiers présents dans les pages correspondent bien à ce que déclare la politique de confidentialité.
C’est aussi le moment de vérifier le bandeau de consentement : s’il en faut un, il doit permettre un refus aussi simple que l’acceptation, et ne rien déposer avant le choix du visiteur. Un bandeau qui charge les mesures d’audience avant la réponse ne sert à rien d’autre qu’à gêner la lecture.
Le contenu qui va bouger
Un site livré avec trois articles et deux projets se comporte différemment avec trente articles et quarante projets. Je teste donc les cas que le client produira lui-même : un titre très long, une liste vide, une photo au mauvais format, une page sans image.
- Chaque page dynamique testée avec un contenu très court et un contenu très long.
- État vide prévu : que voit-on quand une rubrique n’a encore aucun élément ?
- Pagination ou chargement vérifié au-delà de la première série d’éléments.
- Page d’erreur 404 utile, qui propose une sortie plutôt qu’un cul-de-sac.
La mesure et le suivi
- Outil de statistiques installé, testé, et conforme à ce qu’annonce la politique de confidentialité.
- Objectifs identifiés : formulaire envoyé, devis demandé, document téléchargé — sinon les chiffres ne disent rien.
- Site déclaré dans la console de recherche de Google, sitemap soumis.
- Surveillance de disponibilité en place, pour être averti d’une panne avant le client.
Ce que je laisse par écrit
- La liste des accès : hébergement, nom de domaine, administration, comptes tiers, avec le rôle de chacun.
- Les échéances à surveiller : renouvellement du domaine, de l’hébergement, des certificats.
- Ce qui peut être modifié librement, et ce qui demande un appel avant d’y toucher.
- Les tailles et formats d’images attendus, pour que les ajouts futurs ne dégradent pas la performance.
La passation
Je termine par une session d’une heure, enregistrée : où modifier un texte, comment ajouter une page, ce qu’il ne faut pas toucher, qui contacter en cas de doute. Un document court l’accompagne, avec les accès et les échéances à surveiller — nom de domaine, hébergement, certificats.
Les quarante-huit heures qui suivent la mise en ligne comptent autant que la veille : je surveille les erreurs serveur, la réception effective des messages du formulaire, et l’indexation des premières pages. C’est le moment où apparaissent les problèmes qu’aucun environnement de test ne reproduit — un lien externe modifié, un email classé en indésirable, une redirection oubliée.
Puis un point à trente jours, pour observer les premiers usages réels et ajuster. Un site n’est pas un objet livré une fois : c’est une chose vivante qu’on transmet.
L’essentiel en 4 points.
- 01La plupart des problèmes de livraison viennent des contenus, pas du code.
- 02L’accessibilité et la performance se vérifient avant la mise en ligne, pas après.
- 03Une redirection oubliée lors d’une refonte coûte du référencement acquis.
- 04Une livraison comprend la passation : sans elle, le site vieillit seul.