Préparer une refonte de site avant de contacter un studio.
La qualité d’une refonte se joue avant la première maquette. Voici ce qu’il est utile de clarifier de votre côté : c’est aussi ce qui rend les devis comparables et les plannings tenables.
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La plupart des refontes démarrent par la même phrase : « notre site est daté ». C’est un ressenti légitime, mais ce n’est pas un objectif de projet — et c’est insuffisant pour qu’un studio vous propose autre chose qu’une réponse générique. Ce guide reprend les six questions que je pose systématiquement en début de projet. Y répondre, même partiellement, vous fera gagner des semaines.
1 · Pourquoi refaire le site ?
« Il est daté » est un symptôme. Cherchez la phrase qui suit : nous n’arrivons pas à expliquer notre offre ; nous recevons des demandes hors sujet ; nous ne pouvons rien modifier sans appeler un prestataire ; nous sommes invisibles sur nos sujets ; le site est inutilisable sur téléphone ; il ne ressemble plus à ce que nous sommes devenus.
Chacune de ces réponses conduit à un projet différent. La première est un travail de discours et d’architecture. La troisième est un sujet d’outil et d’autonomie. La quatrième est un sujet de contenus et de référencement. Confondre les quatre produit un projet qui traite mal les quatre.
Écrivez ensuite ce qui devrait avoir changé un an après la mise en ligne, en une phrase vérifiable. « Recevoir des demandes plus qualifiées » est un début ; « pouvoir publier une page sans nous » en est un autre. Cette phrase servira d’arbitre chaque fois qu’une décision sera discutée.
2 · Pour qui ?
Listez deux ou trois publics réels, avec ce qu’ils viennent chercher et ce qui les fait hésiter. Pas des personas inventés : des gens que vous avez eus au téléphone. Le client qui compare trois prestataires, le partenaire qui vérifie votre sérieux avant un rendez-vous, le candidat qui veut savoir à quoi ressemble l’équipe.
Un site qui parle à tout le monde en même temps finit par n’être clair pour personne. Hiérarchiser ne veut pas dire exclure : cela veut dire décider qui est servi en premier sur la page d’accueil, et qui est servi correctement une page plus loin.
3 · Quels contenus garder ?
Faites l’inventaire de l’existant, page par page, dans un tableau. Trois colonnes suffisent : ce qui est encore juste, ce qui doit être réécrit, ce qui doit disparaître. Ajoutez, si vous les avez, les statistiques de fréquentation : elles règlent beaucoup de débats, notamment sur les pages que personne ne consulte mais que tout le monde veut garder.
C’est un travail ingrat, et c’est presque toujours lui qui décide du calendrier réel. Un site peut être conçu, dessiné et développé en quelques semaines ; réécrire quarante pages en prend souvent davantage, surtout quand la rédaction se glisse entre deux autres priorités.

Profitez-en pour noter les adresses des pages qui disparaissent : elles devront être redirigées vers leur équivalent. C’est ce qui évite de perdre, du jour au lendemain, le référencement construit pendant des années.
4 · Quelles contraintes ?
- Outils à conserver : CRM, newsletter, réservation, facturation, mesure d’audience.
- Obligations : accessibilité, mentions légales, traitement des données personnelles, multilingue.
- Organisation : qui rédige, qui valide, qui mettra à jour le site une fois livré.
- Repères de calendrier : événement, salon, lancement produit, saison commerciale.
- Existant technique : nom de domaine, hébergement, accès, comptes en place et qui les détient.
Ce dernier point mérite une attention particulière. Beaucoup de projets perdent une semaine à retrouver qui possède le nom de domaine, ou à récupérer un accès resté chez un ancien prestataire. Vérifiez-le avant, pas pendant la mise en ligne.
5 · Qui décide ?
C’est la question la plus sous-estimée. Un projet avec un interlocuteur unique, disponible et légitime avance deux fois plus vite qu’un projet où chaque maquette doit faire le tour de cinq personnes qui la découvrent à chaque étape.
Identifiez donc, avant de commencer : qui suit le projet au quotidien, qui valide les étapes, qui doit être consulté et qui sera simplement informé. Prévoyez aussi le délai de validation — une semaine de réponse à chaque étape, sur six étapes, c’est un mois et demi de projet.
- 01CadrageObjectif, publics, périmètre
- 02ContenusTextes, images, traductions
- 03Design & buildMaquettes, intégration, tests
- 04Mise en ligneRecette, bascule, réglages
6 · Quel budget, et pour quoi ?
Annoncer une enveloppe n’est pas un aveu de faiblesse : c’est ce qui permet d’obtenir une proposition adaptée plutôt qu’un catalogue. Un même besoin peut se traiter de plusieurs façons selon les moyens disponibles, et un studio honnête vous dira quelle part du projet il faut sacrifier si l’enveloppe est trop courte.
Pensez aussi à l’après : hébergement, nom de domaine, maintenance, évolutions, production de contenus. Un site n’est pas un achat unique, c’est un objet qui vit. Prévoir une petite ligne annuelle évite de repartir de zéro dans trois ans.
Ce que produit ce travail
- 01Des propositions comparablesTrois studios qui répondent au même brief produisent des devis qu’on peut réellement comparer.
- 02Un calendrier crédibleLes délais s’appuient sur vos disponibilités réelles, pas sur une hypothèse optimiste.
- 03Moins d’allers-retoursLes arbitrages difficiles ont été tranchés avant d’être coûteux à trancher.
- 04Un projet qui vous ressembleLe studio travaille à partir de votre réalité, pas d’un modèle appliqué à toutes les entreprises de votre secteur.
Le temps passé à cadrer n’est jamais du temps perdu : il est simplement dépensé avant, là où il coûte le moins cher.
Ce qu’il vaut mieux ne pas décider trop tôt
Il existe une symétrie utile : autant il faut trancher tôt les objectifs, les publics et le circuit de décision, autant certaines questions gagnent à rester ouvertes. La technologie en fait partie. Choisir un outil avant d’avoir défini le besoin, c’est laisser l’outil définir le besoin.
Il en va de même pour le nombre de pages, la présence d’un blog, ou le choix entre une page unique et une arborescence classique. Ce sont des réponses, pas des points de départ. Un brief qui impose la solution empêche le studio de proposer mieux — et vous prive de la seule chose que vous venez chercher.
Les questions que le studio va vous poser
Autant les anticiper. Elles reviennent presque toujours, dans un ordre ou dans un autre, et vos réponses déterminent la proposition bien plus que le nombre de pages annoncé.
- Qu’est-ce qui vous distingue réellement de vos trois concurrents les plus proches ?
- Quelles sont les trois questions que l’on vous pose le plus souvent avant de travailler avec vous ?
- Quelle page de votre site actuel fonctionne le mieux, et pourquoi selon vous ?
- Quelles demandes recevez-vous aujourd’hui que vous ne voulez plus recevoir ?
- Qui écrira les textes, et quand cette personne aura-t-elle du temps ?
- Qu’est-ce qui ferait dire, dans un an, que ce projet a été une réussite ?
Rassembler ce qui existe déjà
Une refonte n’est jamais un point zéro. Rassemblez, dans un même dossier, ce qui existe : logotype dans un format vectoriel, charte graphique s’il y en a une, photographies originales en pleine résolution, documents commerciaux, présentations, textes de référence. La différence entre un site riche et un site pauvre tient souvent à ce dossier-là.
Profitez-en pour vérifier les droits : une photographie achetée pour une brochure n’est pas nécessairement utilisable en ligne, et une image trouvée sur internet ne l’est jamais. C’est le genre de vérification qui coûte dix minutes au début et un courrier d’avocat plus tard.
Prévoir la vie du site après la livraison
Un site n’est pas un livrable, c’est un objet qui vit. Décidez, avant de commencer, qui le mettra à jour et à quelle fréquence, ce qui devra pouvoir être modifié sans intervention extérieure, et ce qui peut rester figé. Cette réponse a un effet direct sur la conception : un site que personne ne mettra jamais à jour ne doit pas être construit comme un site alimenté chaque semaine.
Prévoyez aussi le suivi : qui regarde les statistiques, à quel rythme, et pour décider quoi. Un tableau de bord que personne ne consulte ne sert qu’à produire de la donnée inutile — et à alourdir la page pour tous les visiteurs.
Et si vous n’avez pas encore de site ?
Le raisonnement est identique, avec une difficulté en plus : vous n’avez pas d’existant à analyser. Remplacez-le par ce que vous savez déjà de vos clients — les questions qu’ils posent, les objections qu’ils formulent, les mots qu’ils emploient pour décrire ce que vous faites. C’est une matière plus fiable qu’une étude de marché.
Commencez petit et juste plutôt que grand et vague : cinq pages précises valent mieux que vingt pages remplies pour faire nombre. On ajoute toujours plus facilement qu’on ne retire.
L’essentiel en 5 points.
- 01Une refonte commence par une raison mesurable, pas par une envie de changement.
- 02Deux ou trois publics réels valent mieux qu’une cible universelle.
- 03Les contenus sont le premier facteur de retard des projets.
- 04Un circuit de décision identifié accélère plus qu’un choix de technologie.
- 05Un brief d’une page suffit à obtenir des propositions précises.